Tout le monde a entendu parler des ceintures de chastetés cadenassées dont les seigneurs du moyen âge ceignaient la taille de leurs femmes lorsqu’ils partaient en croisade ou en campagne pour de longs mois, voir des années. Elles étaient censées garantir la fidélité des dites épouses jusqu’au retour éventuel du mari précautionneux.
Hé bien, il semblerait que cela soit un mythe.
Il est fait mention pour la première fois de manière symbolique à la ceinture de chasteté dans un lais de Marie de France au XII ièm siècle (les lais sont des contes d’aventure et d’amour, où figurent souvent des fées, des merveilles, des transformations dixit Gaston Paris, médiéviste de la fin du XIX ièm siècle). Dans ce lais, un jeune homme noue une ceinture autour de la taille de sa belle tandis que celle-ci fais un nœud au bas de sa chemise. C’était un symbole de leur fidélité réciproque, seul celui ou celle qui pourrait défaire ou briser ces nœuds sans l’aide d’outils aura le droit d’être aimé par eux.
Il est de nouveau fait allusion à une ceinture de ce type dans le « Livre du Voir-Dit » écrit au XIV ièm siècle par Guillaume de Machaut.
En 1405, Kyeser von Eichstad le Bellifortis, dans son traité d’art militaire, le Bellifortis, montre une illustration d’une ceinture de chasteté métallique. Cette ceinture, dite Florentine, aurait été surtout portée par les femmes de Florence et était destiné à les protéger contre un éventuel violeur lors des attaques de la ville ou bien pendant leur déplacement.
On peut aussi voir un lien avec la ceinture d’étoffe porté par les moines et les moniales de l’époque médiévale et qui symbolisait leur vœu de chasteté. La ceinture des prêtres représente encore aujourd’hui le symbole de leur chasteté et de leur pureté.
Dans son livre « Les vies des Dames Galantes », Pierre de Bourdeilles, abbé de Brantôme (1540-1614), semble donner une indication sur une éventuelle apparition de vraies ceintures de chasteté durant le règne de Henry II, soit entre 1547 et 1559.
Rabelais, dans « Horribles et Epouvantables Faits et Prouesse du très renommé Pantagruel » la mentionne aussi en 1532.
Une autre preuve est la découverte du squelette d’une femme enterrée avec une ceinture métallique à l’entre-jambe. Elle serait morte entre la fin du XVI ièm siècle et le début du XVII ièm.
Certains musées, comme le British Muséum ou bien le musée de Cluny à Paris possèdent des exemplaires de ceintures de chastetés métalliques qui ont longtemps été considérées comme authentiques. Celles du musée de Cluny, originellement datées du XVI et du XVII ièm siècle se sont avérées avoir en fait été fabriquées au XIX ièm.
La ceinture exposée au musée de l’Inquisition de Carcassone semble, elle, être du XVI ièm siècle.
Les ceintures de chasteté sont donc apparues à La Renaissance et non au Moyen âge, comme le veut la tradition populaire. De plus, il semblerait qu’elles n’aient été utilisées que très rarement dans des cas très précis, comme protection contre le viol par les femmes lors de leurs déplacements ou bien du siège de leur ville, à cette époque.
Au cours du XVIII ièm siècle, son usage semble être plus étendu. Elle aurait été très utilisée dans les couvents, pour protéger les nonnes des tentations solitaires ainsi que par des maris jaloux ou des amants qui se séparaient.
Selon Piero Lorenzoni, dans son « Histoire secrète de la ceinture de chasteté », la ceinture qu’il qualifie de ceinture de volupté, contredisant son but premier de maintien d’un certain ordre moral, n’a d’autre fonction que d’exacerber les désirs en jouant sur l’interdit et l’accès à l’intimité de l’autre, permettant ainsi de les libérer dans un torrent de passion retenue.
De nos jours, la ceinture de chasteté est souvent utilisée dans les jeux BDSM.
A l’origine uniquement féminine, elle a été décliné avec succès, selon certain fabricants (Neostil en vendrai plus de mille par an en Allemagne), en modèle masculin rappelant la ceinture florentine traditionnelle ou bien adoptant la forme d’une cage emprisonnant le pénis et empêchant toute érection.
Elle permet de contrôler la sexualité du ou de la soumis(e), entièrement dépendant de la personne qui possède la clef de la ceinture.
Avez-vous déjà entendu parler de telles ceintures ?
En avez-vous déjà porté ou bien aimeriez-vous le faire ?
Préférez-vous un style typiquement médiéval en métal ou bien une esthétique plus moderne en cuir ou en plastique ?
Mesdames et messieurs les dominants, que pensez vous de son utilisation en BDSM ?
Et vous, soumises et soumis ?
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